Avoir un film avec du son et de l’image, c’est une idée aussi vieille que le cinéma lui-même ! Avoir l’idée, c’est bien, avoir la possibilité de la mettre en oeuvre c’est mieux ! Il en aura fallu du temps pour arriver au cinéma parlant avec une qualité concluante. Les inventeurs vont se succéder, les brevets, les appareils et les concurrents aussi, avant d’arriver au  « premier film » du genre : Le chanteur de jazz. Tout est une histoire de technique qui a évolué au cours du temps et que nous allons mettre en lumière ici…

le kinétophone en 1895

Le cinéma apparaît en 1895, avec la première projection des frères Lumières.                Rappelez vous l’Arrivée d’un train à la Ciotat qui avait fait sursauter les premiers spectateurs de la salle ! Cette même année, Thomas Edison présente le kinétophone, une amélioration de son kinétoscope présenté quelque temps plus tôt qui permettait à une personne de voir un court-métrage. Edison rajoute donc à sa création un phonographe cylindrique, c’est le kinétophone. Il apporte ainsi le son à l’image, mais, une personne à la fois peut profiter de son appareil.

En 1900, à l’Exposition Universelle de Paris plusieurs appareils sont présentés. Parmi ceux-ci le phono-cinéma-théâtre de Clément Maurice et Henri Lioret. L’invention permet de synchroniser le son et l’image et fonctionne avec un phonographe nommé le lioretographe. Le public présent a pu admirer et écouter des films parlants où les acteurs célèbres de l’époque tels Sarah Bernhard, Polin ou encore Cléo de Mérode parlent et chantent. Mais le son est nasillard et faible. Les deux hommes ne sont pas les seuls à proposer un système de synchronisation. Berton, Dussaud et Jaubert exposent le phonorama, qui permet d’écouter un film grâce à deux tubes acoustiques…

Avec cette volonté de faire parler les acteurs et de faire à la fois du son et de l’image, va se poser le problème de la synchronisation et de la qualité du son. Pendant les années qui suivirent, les inventeurs ne cesseront pas de chercher un moyen pour améliorer cela.

Nous sommes désormais en 1902, Léon Gaumont,  lui aussi fasciné par cette envie d’allier son et images, dépose des brevets

le chronophone

et crée avec une équipe d’ingénieurs le chronophone. Cet appareil permet de synchroniser d’une façon mécanique la pellicule et le son. L’appareil est relié à un projecteur de cinéma et à un phonographe permettant de diffuser des chansons de façon synchronisée. Mais Gaumont ne s’arrête pas. Son équipe continue à travailler sur le projet, et arrive à mettre au point un procédé révolutionnaire pour l’époque : un enregistrement en direct et en simultané du son et de l’image ! Le 27 décembre 1910, devant l’Académie des sciences, cette nouvelle version du chronophone enregistre en direct l’image et le son d’un coq.

L’invention du chronophone est donc un véritable tournant dans l’histoire qui nous a emmené du muet au parlant. De plus l’appareil de Gaumont a aussi été une réussite commerciale, utilisé en salle pour des chansons filmées de 3 minutes, des monologues ou dialogues comiques.  En 1906, il présente également l’elgéphone qui permettra d’amplifier le son.

Mais en 1913, revoilà Thomas Edison. Inventeur du kinétophone, il le réactualise en introduisant un nouveau cylindre. Il permet de projeter des films sonores à l’écran. Avec ce nouvel appareil il produit le premier film court parlant au monde.

Tri Ergon "Tri Ergon optical sound recording" © Walter Rutthmann, 1922

L’année 1919 sera riche en invention. L’Américain Lee de Forest obtient  plusieurs brevets pour développer la première technique de son sur pellicule. La bande son est alors enregistrée directement sur le film sur une ligne parallèle. Le phonofilm vient de naître. Il permet une bonne synchronisation de l’image et du son. Ce système est amélioré pendant 4 années par une autre américain : Théodore Casse. Toujours en 1919, 3 inventeurs allemands Osef Engl, Hans Vogt et Joseph Massolle créent le système sonore Tri Ergon. Le 17 novembre 1922, a lieu une projection publique de film à son sur pellicule qui utilise le système Tri Ergon. Le film inclus un texte dramatique « Der Brandstifter » (« L’Incendiaire »).  A la fin des années 1920,  Tri Ergon est leader du cinéma parlant. En 1926, les brevets de l’invention sont rachetés par William Fox… de la 20th Century Fox! C’est dans cette même période que ce développe le Movietone, un processus d’enregistrement du son sur pellicule qui garantissait le son et l’image et qui se généralisera dans les années 1930.

Le vitaphone

En 1925, le vitaphone,  un système de son sur disque, est présenté à un des quatres frères de la firme Warner Brothers : Sam Warner. Le vitaphone permettait de synchroniser le son enregistré sur un phonographe et les images du film.  Après une démonstration, Warner, alors studio hollywoodien en difficultés financières, conquit par l’appareil signe un accord avec AT&T Western Electric à l’origine du vitaphone. La Warner inaugure leur nouvel investissement en faisant quelques tests sur leur court-métrage Don Juan en 1926, un film d’Alan Crosland.

Le 6 octobre 1927,  c’est avec ce fameux vitaphone, que la Warner présentera le film considéré comme le premier film parlant « Le Chanteur de Jazz » (The Jazz singer). d’Alan Crosland qui connaîtra un véritable succès et a marqué le début d’une nouvelle ère.

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